BERRUGUETE (P.)


BERRUGUETE (P.)
BERRUGUETE (P.)

BERRUGUETE PEDRO (mort av. 1504)

Premier peintre castillan dont le séjour en Italie soit attesté. Le séjour de Pedro Berruguete, dit aussi Pietro Spagnuolo, a duré une dizaine d’années (1470-1480), et certains historiens ont supposé que, avant son arrivée à la cour d’Urbin, en 1477, il avait complété sa formation artistique à Naples. Berruguete ne venait pas en simple élève en Italie, il avait une bonne connaissance de l’art flamand. Depuis le voyage de Jan van Eyck dans la Péninsule (1428-1430), la Castille s’était, en effet, largement ouverte à l’influence de la peinture flamande; aussi, une école hispano-flamande s’était-elle rapidement constituée qui utilisait l’huile et préférait les paysages aux fonds d’or et aux reliefs de plâtre doré chers à la peinture gothique. Berruguete était originaire des environs de Palencia, un des foyers actifs de ce nouveau courant pictural. Dès qu’il arrive à Urbin, il reçoit une commande importante, la décoration du studiolo de Federico de Montefeltre où il complète les travaux de Juste de Gand. Les œuvres exécutées à Urbin sont les Allégories des arts libéraux et des portraits d’hommes illustres. Rentré en Espagne, il travaille pour la cathédrale de Tolède, puis pour la cathédrale d’Ávila, donnant des œuvres d’inspiration religieuse. Dans ses retables, où la simplicité et la dignité se combinent à un profond sens de l’espace et de l’atmosphère, on reconnaît des éléments empruntés à l’art flamand, au gothique espagnol et à la Renaissance italienne, mais il en tire une synthèse originale. Cette vision du monde très personnelle apparaît dans son chef-d’œuvre, le grand Retable de saint Thomas d’Aquin (1499-1503) conservé au couvent de Santo Tomás d’Ávila.

Encyclopédie Universelle. 2012.